Le droit à la vie privée face à l’IA médicale : entre impératif d’innovation et exigence de protection
DOI :
https://doi.org/10.71420/ijref.v3i10.418Mots-clés :
Intelligence artificielle médicale, Vie privée, Données de santé, Secret médical, Innovation biomédicale, Loi n° 09-08, RGPD, Règlement européen sur l’IA, Gouvernance des données, Droit soupleRésumé
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé marque une rupture technologique et civilisationnelle majeure, propulsant les systèmes de soins vers une médecine prédictive et personnalisée. Si l’IA médicale s’affirme comme un levier d’innovation indispensable pour optimiser le diagnostic et l’offre de soins, sa performance technique demeure intrinsèquement tributaire d’une exploitation et d’une mutualisation massives de données de santé. Cette dépendance algorithmique engendre une vive tension avec le droit à la vie privée et le secret médical, exposant des données par nature hautement sensibles à des risques systémiques de violation de la confidentialité, d’opacité (effet « boîte noire ») et de biais discriminatoires. Face à l’insuffisance d’une approche législative purement statique, cet article analyse la nécessité de bâtir une gouvernance agile et hybride. En s’appuyant sur le droit marocain (article 24 de la Constitution, loi n° 09-08, loi n° 05-20 relative à la cybersécurité), sur les engagements internationaux du Royaume (Convention 108 du Conseil de l’Europe), sur les réglementations européennes structurantes (RGPD, règlement sur l’intelligence artificielle, espace européen des données de santé) et sur les standards de l’OMS et de l’UNESCO, il montre que la co-régulation constitue la voie d’équilibre la plus adaptée pour protéger les libertés fondamentales sans tarir le flux de l’innovation médicale.
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© Zainab Elaje 2026

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